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Mai 31

CHÔMAGE, TOUJOURS PLUS HAUT !

Vous avez dit chômage ?

40 000 chômeurs de plus qu’en avril annoncés ce jour, 30 mai 2013. Deux ans de hausse continue !

A quand l’inversion de la tendance? Et au delà des chiffres, il y a la vie de tous les jours : celle d’ouvriers et ouvrières qui ont donné 30 à 40 années de leur vie à leur entreprise… mais qui un jour a été rachetée et qui n’est plus rentable, leur dit-on. Celle de jeunes diplômés ou non, possesseurs d’un bac ou d’un simple brevet, et qui se retrouvent sans objectif concret, sans beaucoup d’espoir; parfois ils ont la chance (ou la malchance) d’avoir des parents qui peuvent encore subvenir à leurs besoins.

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D’autres vont sombrer dans des parcours à galère et d’autres vont être obligés de se laisser exploiter par des patrons peu scrupuleux. Ils rabaisseront leurs exigences. Leur priorité ne sera plus un métier, mais un boulot. Moi, je pose la question :

Dans une société qui se dit civilisée, est-ce à l’individu de pleurer un emploi ou à la société de lui fournir une activité qui lui permette de loger sa famille, de nourrir et d’éduquer ses enfants ? Sommes nous vraiment sortis du moyen-âge et du servage ? L’esclavage a-t-il vraiment disparu ?

Et arrêtons de nous dire que c’est de notre faute, qu’on a vécu au-dessus de nos moyens.

 

Plutôt que de grands mots, j’ai choisi cette semaine de vous rappeler deux séquences du journal de 20 heures de notre chaîne publique du 30 mai.

L’apprentissage !

 

Il fut une époque où c’était très bien vu d’aller en apprentissage, car pour beaucoup d’enfants, c’était cela ou aller “au cul des vaches”. On pouvait avoir l’espoir d’avoir un métier.  Et puis sont apparus, l’entrée en sixième pour tous, le collège unique, l’école jusqu’à 16 ans et 80% d’une tranche d’âge au niveau BAC… On a fait croire à des générations entières que tout le monde pouvait devenir cadre supérieur et la Société a même cru qu’elle n’aurait plus besoin que de cadres supérieurs et tout en faisant cela, on a stigmatisé un grand nombre de métiers pourtant encore indispensables et surtout on a dévalorisé le travail manuel. C’est tout juste si on ne veut pas sortir le mot “artisan” du vocabulaire courant. Ça fait mieux de parler de PME ou TPE. Le plus paradoxal c’est que bien souvent et toujours de manière aussi hypocrite on a prétexté la revalorisation de certains métiers alors qu’on faisait le contraire. Un exemple ? Comparez le statut d’un instituteur des années 60 avec celui des professeurs d’école des années 2010.

Aussi, dès qu’on parle un peu trop d’apprentissage, on se fait vite taxer de discrimination précoce. Mais sincèrement quand on regarde ce qui se passe dans les lycées, quand on regarde la proportion d’échecs en première année de faculté, quand on voit les conséquences de ces premiers échecs, est-il si anormal de se demander si ces “jeunes” auraient eu peut-être plus de chance de s’en sortir si on leur avait proposé une formation professionnalisante un peu plus tôt au lieu de les laisser s’ennuyer à mourir dans des classes où ils ne venaient que pour perturber les professeurs..

Je sais bien que le problème est délicat. Mais peut-être l’est-il moins qu’il n’y parait et sans doute y gagnerions nous en le posant autrement.

Poursuivre ses études le plus loin possible ? C’est l’objectif de beaucoup d’étudiants et surtout de beaucoup de parents. Pourquoi cela? Car on pense qu’ensuite, les études c’est fini. Dans l’Etat actuel de nos sociétés, c’est un peu vrai… mais c’est un paramètre qu’une volonté politique pourrait changer. Toute vie professionnelle pourrait intégrer une part de poursuite d’études soit pour se perfectionner dans la branche ou le secteur choisis initialement, soit pour pouvoir en changer. Cette idée n’a rien de révolutionnaire et surtout est très compatible avec la conjoncture actuelle où on demande aux personnes d’être très mobiles et d’avoir un grand pouvoir d’adaptation. Mais pour qu’elle trouve des applications concrètes, c’est tout un état d’esprit qu’il faut changer et en particulier dans le monde patronal et financier. Cette autre vision de la “VIE” n’est pas compatible avec la vision court-termiste du monde marchand actuel.

Oui, l’enfance reste la période privilégiée pour les apprentissages et pour l’établissement d’un socle de connaissances de base important. Mais là, admettons que les enfants ne sont pas tous égaux de fait. Alors, si à 16 ans, certains n’ont pas eu le temps d’acquérir suffisamment de bases, cet apprentissage doit pouvoir se continuer tout au long de la vie active. Une société dite moderne doit pouvoir en gérer le coût. Les 35 heures, les 40 heures, les 37 ou 40 années de cotisation… Tous ces chiffres n’ont rien de naturel, rien de logique. Ce ne sont que les enchères issues des différends marchandages entre maquignons (banquiers, fonds de pension, grands patrons…) Les progrès techniques qu’a accomplis l’humanité devraient servir à tous et pas seulement pour que quelques privilégiés fassent de plus en plus de profits.

Les apprentis  d’Auteuil

Revenons à la séquence diffusée lors du journal de 20 heures sur les apprentis d’Auteuil. Ecoutons bien ce jeune homme qui s’est accroché à la vie (car beaucoup d’autres hélas vont à la dérive) grâce à cet apprentissage qui lui a permis d’acquérir un savoir faire; une fois cet équilibre trouvé car une dignité retrouvée à travers cette qualification professionnelle, son ambition n’est pas morte; elle renaît même et il envisage d’aller plus haut. Notre société est-elle prête à lui en offrir la possibilité ? avoir son activité et une rémunération qui lui permette d’être autonome tout en ayant le temps (et l’argent peut-être) pour poursuivre des études.  A première vue, ceci peut coûter cher à une société... mais pas besoin de faire de calculs savants pour être persuadé que sur le long terme elle serait gagnante. Par contre, il est évident que tous ces spéculateurs habitués à voir une progression de leurs profits exponentielle devront se contenter d’un peu moins.

Dire que l’apprentissage est inexistant en France serait mentir. Des contrats existent et des compensations financières peuvent inciter les patrons à prendre un apprenti. Mais le problème le plus difficile à surmonter pour les demandeurs d’apprentissage reste bien de trouver un patron. J’en connais quelques uns (petits artisans) qui m’ont dit qu’ils savaient que financièrement cela pouvait être intéressant, mais que par contre il ne pensait pas avoir le temps de former correctement l’apprenti. Si l’idée du contrat de génération de François Hollande me paraît une piste intéressante, je pense qu’il ne faudrait pas se limiter (pour la personne tuteur) aux personnes approchant de l’âge de la retraite. Un patron qui s’engage à former quelques apprentis devraient avoir non seulement des aides pour l’apprenti mais aussi des aides pour étoffer son équipe afin qu’elle puisse continuer à honorer ses commandes tout en formant les jeunes apprentis. Deux apprentis et un employé dont une majeure partie du travail serait consacré à la formation de ces deux apprentis qui alterneraient leur présence: quand l’un est dans l’entreprise, l’autre est en cours théorique dans son centre de formation.

Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître qu’aussi bien à droite qu’ à gauche, on s’évertue à revaloriser l’apprentissage ces dernières années. peut-être que le chemin à parcourir est plus dans la tête de tout à chacun. Quant à moi je reste persuadé qu’on apprend et qu’on peut apprendre tout au long de la vie.

Le crédit d’impôts !

 

Une autre vision de l’économie, du travail, de la valeur marchande des produits ou des services, une autre vision de la vraie croissance, c’est toute une révolution qui risque d’être longue à faire à moins que de réelles volontés politiques l’accélèrent. Mais cette (R)évolution est nécessaire voire indispensable. Sincèrement !  à quoi servent vraiment toutes les mesures destinées à lutter contre le chômage quand les grands groupes du capitalisme, ceux qui sont aux commandes, hélas, détournent chaque nouvelle loi susceptible de profiter aux travailleurs pour leurs seuls appétits de requins insatiables. Voyez cette autre séquence du même journal du 30 mai, jour où furent annoncés 40 000 chômeurs de plus que le mois d’avant. Le crédit d’impôt pouvant permettre à des petites et moyennes entreprises d’embaucher un peu plus est “racketté” quasiment à la source par les grands groupes. Qui va encore oser dire que ce capitalisme peut se moraliser ? La Mafia des grands groupes n’a rien à envier à la mafia sicilienne. Et soyons de plus en plus persuadés que les paradis fiscaux ne servent pas seulement aux narco-trafiquants.

Le Crédit d’Impôts

On nous dit que c’est sanctionnable.

Espérons que ces mots seront suivis de vrais effets, et saluons le courage du patron de la première entreprise qui a su ne pas dire oui à ce chantage éhonté .

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