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Avr 14

Pouvoir et Argent

Sexe, Pouvoir et Argent

 

Mardi 2 avril au soir: petite indigestion, début de gastro? Non ! Il a bien fallu l’admettre, mon pancréas me jouait un mauvais poisson d’avril. Petite attaque donc, qui m’a valu 5 nuits d’hôpital et qui m’a surtout fait manquer mon petit rendez-vous hebdomadaire. Par contre j’ai eu le loisir de regarder la TV et d’assister à certains débats dont le fameux “Mots Croisés” relatif à l’affaire “Cahuzac”. Une affaire comme celle là, ce n’est pas si incroyable… on les connaît nos politiques. Mais qu’elle arrive à la gauche, un an à peine après l’élection d’un homme qui se disait l’ennemi de la finance, en pleine soi-disant crise économique qui sert d’alibi aux puissants pour nous imposer l’austérité, austérité déjà visible quand on se heurte aux difficultés que rencontrent les services de santé. Ah, l’argent ! Des sommes faramineuses! Des comptes non déclarés ! Et ces trafics en tout genre qui prospèrent dans nos cités…

image14avril

 

J’en reviens tout d’abord à mon attaque de pancréatite. J’en ai subi une très violente il y a deux ans… si violente que j’ai complètement arrêté l’alcool et que j’étais suivi régulièrement (quelques scanners, quelques consultations…) par un docteur du service gastro de l’hôpital. Le mercredi matin (3 avril), donc, je téléphone à son secrétariat pour faire part de mes petits problèmes de la nuit; impossible d’avoir un rendez-vous avant le 25 avril. Comme il me restait une ordonnance pour une prise de sang et que je n’avais toujours pas déjeuné, je décide d’aller en faire une au centre médical du village voisin. Le jeudi, je cours chercher les résultats et à leur lecture, pas de doute, c’est bien le pancréas qui fait des siennes. Mon épouse, qui ne travaillait pas ce jour là, décide alors de m’emmener à l’hôpital (situé à 20 km) pour essayer de rencontrer le docteur qui s’occupe de moi. Il nous semblait, en effet, hasardeux d’attendre le 25 avril. Sa secrétaire nous dit qu’il n’est pas là. Nous demandons à voir un autre docteur… impossible! Ils ont leurs consultations. On ne peut pas bousculer leurs agendas. Vous savez, ce sont ces fameuses consultations externes pour lesquelles il vous faut souvent prendre rendez-vous trois ou quatre mois à l’avance. En ville c’est six mois à un an… Nous décidons donc d’aller aux urgences, puisque nous étions sur place. Arrivés à 14 heures; je ne vois un médecin qu’à 22 h… qui après une autre prise de sang décide de me garder. Ils me gardent oui, mais dans le couloir... car tous les box sont pris et il n’y a pas de place dans les services gastro de l’hôpital. Le lendemain, que je passe toujours dans le couloir, on me fait un scanner: il y a bien une petite inflammation du pancréas. Le soir, on me trouve un lit à l’hôpital mais dans le service ORL. Ce n’est que le surlendemain que j’atterrirai enfin dans le service gastrosamedi soir, donc. J’ai quand même vu des médecins le dimanche et le lundi… et suis sorti le mardi. Heureusement que je ne souffrais pas trop et que ce n’était pas si grave. Mais c’est vrai, le jeudi, j’ai un peu grogné... intérieurement surtout car je sais bien que la plupart des personnels qui travaillent dans ces services font ce qu’ils peuvent et qu’ils sont les premiers à se plaindre de la détérioration des moyens qui leurs sont alloués pour pouvoir offrir un service national de santé publique de qualité. Oui, ce service, il en perd, chaque jour… et on ne sent guère la volonté politique d’y remédier.

 

L’affaire Cahuzac ! Dans mon dernier article (Carla… Nicolas…) je disais: Dis moi qui sont tes amis et je te dirai qui tu es…en faisant référence à l’amitié qui existe entre Lance Amstrong et Nicolas Sarkozy. Ce proverbe peut tout aussi bien s’appliquer à l’affaire Cahuzac qui à mon humble avis ne doit pas être le seul à avoir de l’argent non déclaré… car peu déclarable (commissions, pots de vin, que sais-je encore?). Et autant à gauche qu’à droite, ce qui, bien sûr, fait encore plus de mal à ceux qui avaient encore quelques espoirs. Le plus drôle, bien que ce ne soit pas drôle du tout, c’est que la plupart des ténors du PS reprochent surtout à M. Cahuzac de leur avoir menti. La fraude fiscale, on en parle à peine; la connivence avec des labos pharmaceutiques n’est qu’effleurée. La volonté délibérée d’échapper au fisc semble oubliée. Non, son crime, c’est d’avoir menti. Ouh, le MENTEUR !!! Et si au fond d’eux mêmes, ce qu’ils lui reprochent surtout c’est de s’être fait prendre? parce que c’est surtout celà qui les embarrasse. Pris la main dans le sac, comme on dit. Avec une affaire comme ça, il devient un peu plus difficile de demander au peuple de se serrer la ceinture. faites des efforts, messieurs et mesdames… nous, il faut qu’on continue à engranger… car, ce monde de la finance, ce monde de l’argent (propre ou sale), cela fait belle lurette qu’il s’est remis le François dans sa poche. Et quand on regarde de près certains cadres du PS, force nous est de constater amèrement qu’ils font souvent partie de ce monde et qu’ils s’y sentent bien.

Qu’aujourd’hui, ils fassent semblant de pousser des cris d’orfraie, non, ça ne prend pas, ça ne prend plus.

                                     Cessons l’hypocrisie.

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Et pendant que ces « grands » dépensent honteusement leur “argent” gagné on ne sait plus comment, la violence continue dans les banlieues, dans les cités. Des jeunes, âgés d’à peine 20 ans, se retrouvent détenteurs d’armes, de stocks de stupéfiants… Alors, on les montre du doigt… on promet d’augmenter le nombre de policiers… on fait de belles annonces. Mais qui a avancé l’argent pour ces armes, ces stocks de drogue, les salaires des subalternes, des racoleurs, des petits dealers de 15 ans, des guetteurs de 12 ans? A quel point certains éléments de la police sont-ils impliqués? Qui blanchit l’argent? les mêmes avocats qui ouvrent des comptes à l’étranger pour nos politiques?

Triste société ! Tristes démocraties qui ne constituent pourtant que le moindre mal.

1 comment

  1. Philippe

    Témoignage très intéressant. Ou il est démontré que ce n’est pas à l’ hôpital qu’on pourra supprimé des fonctionnaires (ou assimilés) et des lits. Bon rétablissement.

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